La société nous fournit des modèles biaisés, parfois destructeurs.
Une vision idéalisée du temps, avec ce qu’il “faudrait” avoir accompli à 30 ou 40 ans.
Pour certaines et certains, cette horloge devient oppressante. Elle renvoie l’idée que vous n’avez plus de temps, que vous en manquerez, que vous n’êtes pas en couple, pas encore d’enfants, ect …
Mais toutes ces représentations sont des illusions sociales. Des projections standardisées qui ne prennent pas en compte l’intimité d’un destin.
Moi qui suis psychologue, et qui travaille dans des milieux où les femmes deviennent mères plus tard, j’ai vu des grossesses à 47 ans, des mariages à 45, et à chaque fois, dans l’individualité d’une vie, c’est une forme de perfection qui s’est dessinée. Non pas celle des normes, mais celle d’un chemin juste.
Ne faites pas confiance aux horloges de la société, ni à celles de la bien-pensance.Elles sont réglées sur une norme illégitime ou sur une peur collective, pas sur votre vérité intérieure. Vous avez le temps. C’est justement la croyance de l’urgence qui risque de vous détournerd’une traversée essentielle : celle de vous rencontrer vous-même, et de rencontrer l’autre depuis cet endroit-là.
Parfois, on a besoin de ce précieux temps pour se construire encore. Pour s’élancer plus loin dans le monde que si l’on avait été deux trop tôt.
En islam, il est dit dans la sourate Luqman :
« Certes, Allah détient la connaissance de l’Heure.» (Coran, 31:34) L’heure est belle, précise et singulière, pour chacun, étape par étape.
Le kairos, dans la théologie chrétienne, désigne le temps opportun, celui où la grâce agit. C’est le moment juste, pas forcément prévisible,mais toujours porteur de sens. Et même d’un point de vue purement cartésien, l’âge ne définit ni la force d’un lien, ni les possibles d’une vie. Ce qui rétrécit l’horizon, ce sont les croyances biaisées.
Dans mon métier , j’ai vu des destinées magnifiques. Des renaissances et des aubes. Ayez confiance en demain.
Vous n’êtes pas en retard.
Vous êtes en chemin….
Society provides us with biased, sometimes destructive models,
An idealized vision of time, with expectations about what one “should” have accomplished by 30 or 40.
For some, this ticking clock becomes oppressive. It suggests that you’re out of time, that you’re falling behind, that you’re not in a relationship, don’t have children yet, etc.
But all these representations are social illusions, standardized projections that fail to consider the intimacy of a personal destiny.
As a psychologist working in environments where women become mothers later in life, I’ve seen pregnancies at 47, marriages at 45—and each time, within the uniqueness of a life, a kind of perfection emerged. Not one defined by norms, but by a path that was right.
Don’t trust society’s clocks, nor those of so-called right-thinking. They are set according to illegitimate norms or collective fears—not your inner truth. You have time. It is precisely the belief in urgency that risks pulling you away
from an essential journey: that of meeting yourself, and meeting others from that place.
Sometimes, we need that precious time to continue building ourselves. To launch further into the world than we could have if we had been two too soon.
In Islam, it is said in Surah Luqman:
“Indeed, Allah alone has knowledge of the Hour.” (Qur’an, 31:34)
The hour is beautiful, precise, and unique—for each person, step by step.
Kairos, in Christian theology, refers to the opportune moment, when grace is at work. It is the right moment—not always predictable,
but always full of meaning. And even from a purely rational perspective, age does not define the strength of a bond, nor the possibilities of a life. What narrows our horizon are biased beliefs.
In my profession, I’ve witnessed beautiful destinies. Rebirths and new dawns.
Trust in tomorrow.
You are not late.
You are on your way…
Fanny Bauer-Motti






